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Anders Grønlien et Michael Gimenez
Prague, 11.06.2009




« Comme un mouvement dans l'espace infini de la science-fiction classique, le complexe narratif unifié d’Anders Grønlien et Michael Gimenez définit la position inappropriée de l'homme libéré d’un monde de valeurs stables et hiérarchiquement organisées».
Karel Císař, Commissaire, Professeur à l'Institut de Philosophie de Prague

Nous avons commencé à travailler ensemble pour notre première exposition Hyperspace Module 1.0, Playing with space à la galerie de l’Académie des Beaux-Arts de Prague (AVU) en février 2008. Le titre numéroté de cette exposition indiquait clairement qu’il s’agissait du premier épisode d’une série d’installations et permettait de placer le spectateur dans l’expectative d’une narration. Le premier volet de cette histoire à partager éveille le désir d’en savoir plus.
Dans le processus de création de chaque installation, nous nous concentrons sur la configuration architecturale de l’espace d’exposition, ses sources de lumière et le déplacement naturel des spectateurs à travers cet espace. Suite à ces observations, nous créons des atmosphères qui empruntent aux décors de films fantastiques et de science-fiction (effets spéciaux, accessoires, etc.). Notre méthode consiste donc à redéfinir l'espace d'exposition en partant de ses singularités. Cette relation au lieu est ambiguë puisqu'elle révèle autant qu'elle occulte les différents volumes et la façon dont ils sont agencés.
À partir de l’exposition Year Future 2.0, The leap of faith, nous avons inclus dans l’installation des portraits de personnes réelles liées à l’exposition: les galeristes et les commissaires. Cette collaboration est une étape du processus de création. Tous les éléments inhérents à l’exposition (organisateurs/hiérarchie, spectateurs/lieu) sont donc rassemblés dans l’œuvre. Leurs mises en scène dans des univers de science-fiction se superposent à un élément qui nous semble essentiel dans ce genre littéraire et cinématographique: l'infinité et la perte des repères spatio-temporels.

Le fait de modeler le lieu comme un matériau, jusqu’à ce qu’il fasse partie intégrante de l’œuvre, questionne les limites réelles de l’exposition et du lieu physique qu'elle occupe. La participation des galeristes et des commissaires (photographies, prothèses) complète cette approche. Il s'agit entre autres de représenter voire de portraiturer la structure qui accueille le projet. Nous rendons visible ce qui ne l'est habituellement pas, par exemple: la hiérarchie du système de diffusion de l’art ou le mode de fonctionnement propre aux galeries indépendantes et ses différents acteurs. Ces mises en scène donnent systématiquement lieu à la réalisation d’une image reprenant l'esthétique d'une affiche de film. Elle est exposée dans l’installation afin de confronter l’illusion de la fiction et le système permettant cette illusion.



Anders Grønlien et Michael Gimenez se sont rencontrés en octobre 2007 lors de l’exposition de ce dernier à Borivojova 49, un espace d’exposition et atelier alternatif ouvert aux artistes internationaux, géré par Veronika Dolanska, Mark Fitzpatrick et Anders. Leur références communes au cinéma et à l’art et leur approche de l’installation les ont naturellement décidés à collaborer.


Anders Grønlien est diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Prague (AVU), République tchèque, depuis 2009.

Michael Gimenez est diplômé de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Montpellier (ESBAMA), France, depuis 2006.